Importé des États-Unis, le concept «Net dating assistant» décolle lentement en France. Il propose à ses clients pressés de décrocher pour eux des rendez-vous sur les sites de rencontres.

Trouver la perle rare relève parfois du parcours du combattant. Alors pourquoi ne pas déléguer cette quête? C'est ce que propose Net dating assistant, un service importé des États-Unis, qui a démarré son activité en France à l'automne dernier. «Les chefs d'entreprise ou cadres supérieurs, notre cœur de cible, n'ont souvent pas le temps d'utiliser les sites de rencontres», observe Vincent Fabre, l'un des fondateurs du site Net dating assistant. La recherche de l'âme sœur est, selon lui, d'autant plus «chronophage» qu'il existe plus de 1000 sites de rencontres en France. Une jungle dans laquelle les célibataires - qui représentent 38,4% de la population de 15 ans et plus, selon l'Insee - peinent à se retrouver. «D'où notre idée d'assurer pour nos clients toute la phase de séduction sur Internet en vue de leur décrocher des rendez-vous galants», raconte le gérant. De la création d'un profil au tri des partenaires et à la conversation en ligne, un «assistant de rencontres» drague pour eux.

Un concept inédit de sous-traitance qui fait des émules. Net dating assistant a déjà séduit plus de 100 clients depuis sa création. En bonus, la promesse d'une discrétion à toute épreuve. Les proies des séducteurs professionnels ignorent en effet qu'elles s'adressent à un intermédiaire. Ce métier a de l'avenir, assure Vincent Fabre. «Nous sommes dans une démarche de recrutement pour suivre l'explosion de notre clientèle.» L'entreprise qui compte aujourd'hui sept assistants, dont trois femmes et quatre hommes - généralement des auto-entrepreneurs rémunérés par une commission sur les formules vendues à leurs clients - espère en avoir vingt d'ici à la fin de l'année.

«Stop aux alibis !»

Loin de partager cet enthousiasme, les sites spécialisés dans la rencontre amoureuse doutent de la pertinence de cette offre. «Des millions de personnes sont inscrites sur Internet et perdent un temps fou dans leur recherche», admet pourtant Ludovic Huraux, le fondateur d'Attractive World. Mais selon lui, «le recours à un intermédiaire est assez éloigné de la culture française et risque de biaiser la première rencontre». Face à la surchauffe du marché, il prône une «segmentation» de l'offre, soit l'essor de sites spécialisés par affinités. Pour Valérie Fer, responsable du site eDarling France, le principe même de Net dating assistant pourrait décrédibiliser les sites de rencontres. «Son modèle est basé sur la tromperie», déplore-t-elle. De son côté, eDarling mise sur le conseil et s'apprête à déployer une offre de coaching, testée depuis début juin en Allemagne. «Ce service arrivera en France d'ici à la fin de l'année», annonce la responsable.

Le coaching amoureux est déjà en vogue dans l'Hexagone. Pionnière sur ce marché, Véronique Corniola a fondé la toute première école de séduction française en 1995. Ses stages, dont le premier prix s'élève à 6900 euros, font la part belle à un entraînement sur le terrain, dans les bars, boîtes et autres lieux de rencontres. «La séduction passe par le contact, or Net dating assistant fait tout le contraire», selon la professionnelle qui veut bien parier sur un échec du concept en France. «L'argument du manque de temps est une excuse de plus pour ne pas se jeter à l'eau», critique-t-elle, en vantant les mérites du recours à un coach. «Son rôle, c'est de dire stop aux alibis!»

 

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